Théophile FRAGONARD (Paris, 1806 - Neuilly-sur-Seine...

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Théophile FRAGONARD (Paris, 1806 - Neuilly-sur-Seine...

Théophile FRAGONARD
(Paris, 1806 - Neuilly-sur-Seine 1876)
L'habit d'Arlequin
Toile.
Restaurations anciennes.
55 x 47 cm

De prime abord, cette image fascine et interroge. Quelle histoire cet acteur au visage noir et aux mains blanches
raconte-t-il aux deux enfants ? On perçoit bien qu'on est dans les coulisses d'un théâtre, avec une affiche et
une fausse épée accrochées au mur, dans la « Bohême romantique » et dans ce type de scènes qui influenceront
des artistes jusqu'au Picasso de la période rose.

Nous remercions Olivia Voisin et Agathe Sanjuan de nous avoir signalé une autre version de cette composition
par Théophile Fragonard. conservée à la Comédie Française, plus petite et avec quelques variantes (toile,
30 x 25 cm, anc. coll. baron Taylor). Le catalogue indique que le tableau illustre la comédie en un acte de Florian,
Le Bon Père, publiée en 1783 (Cf. Georges Monval, Les Collections de la Comédie-Française : catalogue historique
et raisonné, Paris, 1897, p. 107, n°286).
Personnage clé de la commedia dell'arte, Arlequin est reconnaissable à son masque noir et son pantalon à
losanges. Le port de ce masque est lié aux origines du théâtre italien né de saynètes improvisées dans les rues
où les valets se moquaient de leurs maîtres. Le masque leur évitait alors d'être reconnus et poursuivis.
Celui d'Arlequin, noir, serait une allusion aux visages couverts de suie des charbonniers de Bergame, sa ville d'origine, dont les habitants étaient réputés pour leur sottise. Son vêtement, à l'origine rapiécé d'étoffes variées,
s'est transformé au fil du temps en ce costume aux losanges de couleurs variées que nous lui connaissons. Dans la
didascalie de la scène II du Bon Père, Florian précise qu' « Arlequin doit être en culotte et masque d'Arlequin »,
il adresse ici à sa fille Nisida et son prétendant Cléante la tirade finale : « Mes enfants, vous allez être unis, et vous serez sans doute heureux : mais souvenez-vous bien qu'aucun plaisir dans le monde ne vaut celui de faire son
devoir d'honnête homme et de bon père ».
Théophile Fragonard est le fils d'Alexandre-Evariste et le petit-fils du grand peintre du XVIIIe siècle. Artiste lié au
courant romantique, il est aussi connu comme portraitiste et lithographe. Le drapé rouge du baldaquin au second
plan fait forcément référence au Verrou (Louvre) et à la Gimblette (Munich, Alte Pinakothek) de son illustre
grand-père.
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