[Manuscrit enluminé. XIIIème siècle]. Psautier latin glosé, - Lot 160

Lot 160
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[Manuscrit enluminé. XIIIème siècle]. Psautier latin glosé, - Lot 160
[Manuscrit enluminé. XIIIème siècle]. Psautier latin glosé, région de Sens, premier tiers du treizième siècle (vers 1220-1230). Notice plus complète sur demande à l'étude. Remarquable psautier enluminé, accompagné de sa glose. Rares sont les psautiers glosés du XIIIe s. qui nous soient parvenus : l'abbé Leroquais n'en signale que neuf dans les bibliothèques publiques de France. La qualité de la composition de ce manuscrit, ainsi que le luxe qui a présidé à sa réalisation, lui confèrent les qualités d'une pièce d'exception. Reliure monastique veau brun sur ais de bois, fin xve siècle, fermoir rapporté (21,5 x 15 cm.). Provenance : Collégiale Saint-Lazare d'Avallon, légué par Louys du Mont au XVe siècle. Ex-libris de Taisne de Raymonval (XIXe s.), puis par descendance aux actuels propriétaires. Le manuscrit contient les Psaumes selon la Vulgate (f. 1r-148r), suivis de six cantiques de l'Ancien Testament (f. 148r-157r). Le texte est complet (collation détaillée sur demande). Dès l'époque de la copie, une glose interlinéaire a été inscrite entre les versets, par la même main que celle qui a tracé du corps de texte. Ces interventions, prévues par le copiste qui a régulièrement aménagé le bout-de-ligne pour recevoir la glose, ont été inscrites avant l'exécution du décor marginal, qui s'insère dans les interstices qui lui sont dévolus. L'on observe également des commentaires postérieurs au corps de texte, insérés par plusieurs mains dans toutes les marges, dès la seconde moitié du XIIIe siècle et sans doute jusqu'au XVe siècle. La glose interlinéaire s'écarte de la Glossa ordinaria. Certains commentaires marginaux s'inspirent de la Glose des Psaumes de Pierre Lombard (1100-1160), à laquelle ils empruntent des citations de saint Jérôme et saint Augustin, souvent tronquées ou abrégées. D'autres commentaires sont attribués à saints Ambroise (Ambr), Augustin (Aug), Grégoire le Grand et Bernard (Bern). Ce manuscrit très soigné est orné de onze grandes lettrines historiées, polychromes et dorées, qui marquent le début des principaux psaumes et cantiques. Ainsi, l'initiale B du Psaume 1 est ornée d'un portrait du roi David jouant de la cithare. La lettrine D qui ouvre le Psaume 27 est formée de quatre chimères affrontées. Au début du Psaume 39, la lettrine D s'orne de quatre chimères dont deux à tête humaine ; dans la marge, un serpent ailé crache une longue flamme rehaussée d'or. L'initiale du Psaume 51 est formée de trois monstres entrelacés, deux à tête de chien, le troisième à tête humaine. Au Psaume 52, la lettrine D est formée d'un rinceau habité de neuf monstres à tête de chien et corps de serpent. Au début du Psaume 68, le corps d'une chimère à tête humaine forme la lettrine S ; un dragon crachant le feu prolonge le cadre dans la marge inférieure. L'initiale E du Psaume 80 est ornée d'un rinceau habité par dix chimères ; dans la marge figure une cigogne tenant dans son bec une arabesque rehaussée d'un décor filigrané à l'or. La lettrine C du Psaume abrite deux dragons à tête humaine, dont les queues entrelacées forment six volutes elles-mêmes terminées par d'autres têtes et des fruits. Au milieu du D initial du Psaume 101 s'entrecroisent des serpents à tête de chiens, un dragon à visage d'homme, deux fauves partageant la même tête. Au début du Psaume 109, le Christ en majesté se tient au milieu d'un quadrilobe entouré de serpents dont les anneaux abritent des créatures simiesques. L'initiale du Cantique d'Isaïe est formée de deux chimères affrontées. Tout au long du texte, de grandes lettrines à l'encre bleue et rouge, prolongées de décors marginaux rehaussés d'or, indiquent le début des psaumes. Au début de chaque verset, une petite initiale alternativement peinte à l'encre rouge et bleue, s'entoure d'un décor filigrané en rouge ou bleu. Le style des peintures présente des affinités avec un ensemble de manuscrits enluminés dans le quart nord-est de la France, notamment au diocèse de Sens, entre le dernier quart du XIIe et le milieu du XIIIe siècle. Les réminiscences de la Bible de Chartres, antérieure d'un demi-siècle, trahissent une tradition vivace dans le scriptorium qui produisit ce manuscrit. Quelques éléments paléographiques et des décors marginaux évoquent par ailleurs la diffusion d'un style caractéristique du sud de l'Angleterre, dans la première moitié du XIIIe siècle. La fréquence des feuillages polylobés, l'usage abondant du vert de cuivre, le prolongement des filigranes s'affirme dans plusieurs manuscrits attribués à William de Brailes, alors actif à Oxford. Le milieu d'origine de notre manuscrit, nourri d'apports variés, se situait vraisemblablement au coeur de cette émulation artistique entre le nord de la France et L'Angleterre
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