François BOUCHER (1703-1770) Joueur de vielle...

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François BOUCHER (1703-1770) Joueur de vielle...

François BOUCHER (1703-1770)
Joueur de vielle
Toile
39.5 x 32 cm
Signée en bas à gauche F Bou...

Bibliographie :
Jean-Luc Bordeaux, François Lemoyne and his generation 1688-1737, Paris, Arthena, 1984, p. 137, n° X16 (repr. fig. 115), comme rejeté à Lemoine et propose Boucher avant 1727.

Florence Gétreau, Watteau et sa génération : contribution à la chronologie et à l'identification de deux instruments
pastoraux. De l'Image à l'Objet, Centre d'iconographie musicale et d'organologie (CNRS), 1985, Paris, France,
p. 314, ill. fig. 20 (comme Lemoine ou Boucher).

Provenance :
Vente Vassal de Saint Hubert, Paris, le 14 avril 1783, n°51
Vente de la collection du vicomte Beuret, Paris, galerie Georges Petit, le 25 novembre 1924, n° 25
(comme attribué à François Boucher). Disparue du marché de l'art et des regards depuis près d'un siècle, cette oeuvre témoigne de l'influence de Watteau chez le jeune Boucher. Elève de François Lemoine et marqué par l'influence des vénitiens Ricci et Pellegrini, Boucher est confronté au maître des fêtes galantes lorsqu'il grave ses dessins à la demande de Jean de Julienne entre 1726 et 1731, soit juste avant et juste après son séjour en Italie.
Un regain d'intérêt survient en 1734-1735 quand Boucher donne à graver ses propres dessins pour illustrer les OEuvres de Molière, représentant des acteurs en costumes contemporains. Cette influence le conduit à transformer ses scènes de genre nordiques en sujets beaucoup plus élégants, comme en témoigne La Belle cuisinière (Paris,
musée Cognacq-Jay), La Jardinière surprise (collection particulière), Les oies de frère Philippe (éventail à la gouache ; Besançon, musée des Beaux-Arts), le premier carton de tapisserie des Fêtes de village à l'Italienne pour Beauvais, tissé en 1736, dans les sujets peints pour le roi dans ses appartements privés du palais de Fontainebleau
entre 1735 et 1737... .
Le musicien à mi-corps est richement vêtu d'une veste de satin aux tons lilas gansée de fourrure et de boutons
dorés. Il tient une vielle à roue ornée de filets d'ivoire avec manche sculpté, comme en construisait le luthier Bâton
entre 1716 et les années 1740. Cet instrument, ainsi remis au goût du jour, ne se cantonne plus à l'accompagnement
des danses et au musette, mais est désormais joué dans les concerts dès le second tiers du dix-huitième siècle. Nous
proposons d'identifier le modèle avec le ténor Pierre de Jélyotte (1713-1797). Né et formé à l'Académie royale de
musique de Toulouse, il se produit sur scène à Paris dès 1733, au Concert spirituel et à l'Opéra, à peine âgé de
vingt ans. Boucher et lui se fréquentent au cercle d'amis - et de joyeux buveurs -, la Société du Caveau tout juste
fondée, et aussi chez le prince de Carignan, directeur de l'Académie royale de musique. Le peintre épouse Marie-
Jeanne Buseau, fille d'un musicien du roi en avril 1733.
Jélyotte a été portraituré plus âgé par Charles-Antoine Coypel en femme dans le rôle de Platée en 1745 (musée
du Louvre) et en 1755 par Louis Tocqué, tenant une lyre à la main (Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage).
Nous remercions Madame François Joulie d'avoir confirmé l'attribution à François Boucher sur photographie
numérique par échange de mails en avril 2020, ainsi que les précieuses informations qu'elle nous a fournies pour
la rédaction de cette notice.
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